LE PETIT TOUR

Peinture Vonnick Caroff, textes : Elisabeth Pasquier

Le petit tour, clin d'oeil au grand tour qu'entreprenaient les jeunes pour parfaire leurs humanités.

Un petit tour dans les rues de Rome et de Naples, journal de deux regards croisés.

Nous savons quand nous quittons la cour à la Garbatella que nous tenons là un motif, on ne sait encore qui ne nous deux s'en saisira, par le verbe ? Par le trait ?

Sortie d'un nouveau livre en collaboration avec Elisabeth Pasquier

Réalisation de l'affiche du spectacle Suivre les morts

Prochaines représentations à Avignon du 3 au 23 juillet à 14h au Grenier à sel

SUIVRE LES MORTS

 

En complicité avec les deux sociologues Anne Bossé et Élisabeth Pasquier, chercheures au CRENAU (Laboratoire de l'École d'architecture de Nantes), la compagnie Banquet d'avril s'empare d'un matériau scientifique pour offrir au théâtre un sujet sensible : ce que les morts font faire aux vivants.
Suivre les morts pour découvrir les routes qu'ils empruntent.


Fils et filles de migrants racontent le rapatriement de leurs morts.
Entre ici et là-bas, ces morts qui circulent plus que les autres continuent à écrire une page de l'histoire de l'immigration. Professionnels du funéraire et du fret aérien, médecins, agents gestionnaires de collectivités, nous renseignent sur le côtoiement de la mort au quotidien, les moyens techniques et juridiques mis au service du souhait des familles.
Bien au-delà du macabre ou du morbide, une fresque d'une humanité à lever les appréhensions, au cœur de la diversité culturelle.

Participation au Festival d'Art contemporain Art à la Pointe

Petit Séminaire, Pont-Croix du 13 juillet au 21 août

Jadis, les jeunes gens de bonne famille faisaient un Grand Tour qui les conduisait en Italie et parfois au-delà pour parfaire leur éducation et prolonger leurs humanités. La sociologue Elisabeth Pasquier et son amie peintre Vonnick Caroff se sont contentées d’un Petit Tour à Rome au printemps de 2016. Elles en ont tiré un grand petit livre où s’entrelacent les mots de l’une, les images de l’autre.

On avait dit grand bien ici même des deux précédents livres d’Elisabeth Pasquier qui valaient à la fois par la jus- tesse du regard et la simplicité du ton. Là encore le récit pétille d’intelligence et ne cesse de surprendre – ah ! cette fin abrupte, lors du retour par Paris en compagnie de Nils « au sourire d’ange », place de la République au moment de Nuit debout ! Le texte joue avec bonheur sur les changements de focale.

Parfois des ouvertures vertigineuses : « qu’est-ce qu’habiter le monde ? Comment donner sens au temps qui est et au temps qui vient ? » Parfois des gros plans, « nez à terre à l’affût de tous les signes de la vie quotidienne » : le reflet du corps vu dans le miroir de la chambre d’hôtel, le tronc craquelé d’un pin parasol, le linge dans les séchoirs collectifs d’un quartier populaire de Rome... Vonnick Caroff, elle aussi, varie les angles et les traitements : peintures, dessins, esquisses, natures mortes, portraits, paysages.

« Allons-nous accorder nos rythmes, nos pas, nos regards, nos désirs ? » se demandent les deux amies avant le départ. Aucun doute là-dessus, le livre en témoigne et donne une furieuse envie de courir illico à Rome pour arpenter la ville dans les pas d’Elisabeth et de Vonnick.

T.G.

Article paru dans Place publique n° 30 (novembre-décembre 2011) et n° 56 (mars-avril 2016).